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    L'Homme est un tout indissociable. Par l'intégration du corps, la prise en compte de la psyché associée à une dynamique d'ouverture de conscience dans une perspective spirituelle, l'Homme est Un. Cette vision tripartite de l'être humain constitué par : le corps -CO-, l'âme -AM-, l'esprit -ES- est essentielle pour s'inscrire sur notre chemin du grandir de l'être, pour l'Homme "coamès" .

Le corps n'est pas le tombeau de l'âme comme le pensait Platon, mais l'instrument de musique inspiré par l'Esprit. Dans notre approche, être spirituel ce n'est pas s'échapper du corps mais s'ouvrir dans son corps à l'action de l'Esprit. Le corps traduit physiquement, d'une manière palpable et physique ce qui est autre, ce qui est métaphysique, ce qui est impalpable et invisible . Le corps nous met en contact avec la réalité et nous permet un premier déchiffrage de l'univers qui nous entoure. Par lui, nous pouvons voir, entendre, toucher, sentir, goûter. Par nos sens nous accueillons des informations tangibles, informations qui peuvent nous faire accéder à des plans subtils .

Les Juifs ont une approche unitive de l'être humain. Ils le considèrent comme un tout : la chair (bassar) pénétrée par le souffle (néfesh) où la chair est moins la chair-viande que l'Homme tout entier dans sa dimension cosmique et la "néfesh" la vitalité de la chair, ce qui la met en mouvement. Par là, la chair ne se saisit jamais à part du souffle. La chair sans le souffle n'est plus chair mais cadavre .

La Bible introduit aussi  la notion de "Ruah" qui qualifie l'Esprit de Dieu, le souffle vivifiant. Cette "Ruah" incite la créature inachevée que nous sommes à s'inscrire dans une dynamique d'accomplissement, du grandir de l'être. La "Ruah" permet d'établir la cohérence des deux parties constitutives de l'Homme, "bassar" et "néfesh" . Elle les dynamise .

Les Grecs ont perçu que la distinction entre l'esprit et l'âme s'avère essentielle. Platon pensait qu'en son intériorité l'âme prend conscience d'un quelque chose d'autre, d'être au-delà des considératins bassement matérielles, de son aspiration à la transcendance . Cette dimension de l'âme, il l'a appelé "noûs". Le "noûs" est apparenté à un organe de vision. Il est la possibilité, au sein de la psyché de poser un regard sur les éléments de la psyché .

Appelée aussi partie supérieure de l'âme ou fine pointe de l'âme, le "noûs" s'identifie au cœur profond comme capacité de silence, de conscience et de détermination. La capacité de silence intérieur ou "hésychia" s'expérimente dans la méditation et la prière, elle caractérise un état stable de l'être. La capacité de conscience, d'expression et de parole permet à l'Homme de prendre conscience de ses mouvements intérieurs et de pouvoir les nommer tels que les humeurs, les émotions, les sentiments, les passions. La capacité de décision et de détermination est cette liberté que possède l'Homme de s'inscrire et de demeurer dans un dynamisme intérieur sans se laisser distraire par les sollicitations du monde ou de se laisser détourner par des pensées parasites .

C'est alors que l'Esprit, le "Pneuma", terme grec signifiant le Souffle provenant de Dieu vient dynamiser l'être. Il éclaire toutes choses. Nous sommes alors des êtres en devenir d'être réellement des êtres vivants . A nous de ne pas manquer la cible, de ne pas nous fermer, de nous reconfigurer selon notre propre identité personnelle, d'accéder à notre propre désir, à notre propre manière d'être car la parole de chacun d'entre nous est essentielle pour l'ensemble .

C'est par cette approche de l'Homme "coamès" que nous pouvons progresser vers une réconciliation intérieure, fondement de toute vie relationnelle apaisée .

 

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