Traces- oiseau vitre Caroline

 

 

  Parfois en descendant l'escalier  

traces blanches sur la vitre   

nuitamment posées en adresse.      

 

 

 

Exclue de l'infini   

à contre-espace   

de vaines formes de rencontre   

me font   

froideur extrême   

les petits cailloux de l'humilité   

rangés dans la boîte aux secrets.      

 

Abandonnée   

en bord de route   

par temps de pluie   

les cheveux épars   

me font plumes d'ange   

au travers du portique   

de l'attente sans fin.      

 

Rassembler mes oripeaux   

vêture divine   

pour cacher ses blessures   

je suis rabrouée   

refoulée, pixélisée  

hors de l'eau transparente   

mon unique miroir.      

 

J'avais pourtant bien fait   

de belles noces étaient promises   

mon père ramasserait les champignons   

ma mère irait faire le tour de l'église   

mes soeurs de guêpières vêtues   

seraient le charme et la guérison   

sur notre char carnavalesque.      

 

Puis tomba le verdict   

éclatées contre la vitre   

les cinq plumes de l'ange en reflet   

marquaient l'absorption du néant   

ne restaient que le fond des casseroles   

à récurer pour le mets attendu   

de l'enfance retrouvée.      

 

( photo de Caroline Nivelon )

 

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