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Des pleurs dans la maison

la tristesse tourne la clé

l'huis grince

les murs portent l'humide

ses beaux yeux clairs vacillent .

 

Et pourtant

nulle trace de cendres

la vie est chaude encore

parmi les nuages

que la lune encorbelle .

 

Une fourrure couvre la peur

de ses seins nus

nourrissant sa bouche

les feux timides de la parole

deviennent vol de chauve-souris .

 

Prendre congé

à l'opposé du jour

quand les enfants dorment

quand de froids soupirs se lèvent

tel le brouillard en fond de vallée .

 

Dure comme  la pierre

la pieuse fleur mal aîmée

est devenue cierge défait ,

feuille de papier raccornie

sous le pas de l'oie d'une montée de bile .

 

Au double message du rêve

nos bras ceignent la tendresse

par temps de feu éteint

la marche se fait précipitée

sous la chiffonade constellée .

 

A l'excès de vigueur

succède l'atonie

hors la grotte de l'esprit

l'obscur pressentiment

devient feuille morte .

 

Ni forme ni visage

en cet ensemencement

la femme et l'homme convertis

passent de porche en porche

signer la page d'un courant d'air .

 

Pousser la porte

amener le grand filet de l'imposture

sous la risée d'un sommeil alangui

passer le pont du Nord

craindre que la marée nous prenne .

 

Nous les sages radoteurs

les pesées de fruits mûrs

sur les pavés sonnants

cinglent nos souvenirs

sans comprendre , à point nommé .

 

Une lueur en carré

souffle la bougie du jour finissant

fleurs et pleurs saisissent l'instant

la mer décampe

je demeure .

 

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