IMG_4930

 

En bord de mer

scrutent le soleil couchant

les petits bonshommes d'Oléron .

 

 

Sans doigts sans voix

justes posés là

les galets roulés de l'océan .

 

Montent la garde

les guetteurs immobiles

de la parole perdue . 

 

Ardente présence

compagnons des vagues

au flux et reflux des choses créées .

 

Se marient au plus bas du tertre

le croc des cailloux blancs

et la caresse moussue des eaux .

 

Là, le destin parade

d'âpreté et d'immobilité

telle une lampe secrète .

 

Une vive lumière terminale

rassemble les regards salamandre

de l'horizon accompli .

 

Lavés, ensevelis, roulés, posés

ils sont à main nue

lanterne des morts éclairante .

 

Au grand soir

en position de pouvoir

l'oeil referme ses paupières .

 

De larmes point

pile le suçon des embruns

pigmente le glaive de l'éternel .

 

Savamment orchestré

tombée verticale réalisée

le gong des nuits retentit .

 

Là-bas dans la joie et la douleur

les roseaux gris frissonnent

hélant quelque bienveillance .

 

Dans l'amoncellement

un orifice nous éloigne des pierrailles

le couinement de la mouette .

 

Flamme fait cendres

sans visages

les lampes vacillent .

 

Pour que tout recommence

gardiens astreints mais libres

de peser la gloire des étoiles .

 

Car il y aura un ciel

à l'inlassable patience

cribblé de fleurs des champs .

 

" Mes frères, mes soeurs,

ne nous perdons pas

en d'obscures chamailleries .

Nidifions dans le cairn

toute mémoire

pour que demaain

une fièvre essentielle nous saisisse

toute machurée d'algues

à la tombée du jour .

Mon âme

ma nuit

ma femme

dans cet été à franchir

entre les petits bonshommes d'Oléron

scrutant le soleil couchant

en bord de mer

laissons la dent du requin bleu

en son gouffre

plein de sonnailles

pour nous rassembler

au pays où nul de naît ou meurt ."

 

287