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Chromosomes

farfadets de l'aube

alter ego s'évertuant

à caresser de leurs os

les murailles lasses

de nos châteaux endormis .

 

L'asphodèle se mêle

fanges et végétations ourdies

aux luxures de l'esprit

fenêtres ouvertes

en pamoison d'Etre

mon âme , ma tristesse .

 

Echancrées

de moellons parcimonieux

montent des tours barbares

l'énuclage des ouvertures

gémissements se prolongeant

aux flexures des collines .

 

Aux raisons dernières

des contes de la mère l'Oye

s'écroule l'orgue

des vestiges blasonnés

fêlure matricielle 

au centre du baldaquin .

 

Mémoire ma mie

recouvre de voix hilares

au déplié de l'écho

la chaste offrande

de nos lézardes pantelantes

ma peau mon unique .

 

Cliquetis de l'enfance disparue 

craque la chaîne générationnelle

en ses espoirs ses projets

ces jets de pierres

contre l'histoire

aux maillons rouillés .

 

Sage est notre contrée

alourdie de forêts profondes

sous l'échauguette

te souviens-tu

de la douceur des soirs de moisson

mon bien-aimé .

 

Les dalles soulevées

apparaissent

rosissante rosace de notre néflier roi

prudent propagandiste

des fruits offerts

au meilleur d'entre nous . .

 

Projetant d'ombre en ombre

l'épée de lumière

dans l'imbroglio des poutres enchevêtrées

d'avec les murs pantelants

les oiseaux piaillent 

sous la mitraille d'une pluie odorante .

 

Nuits sanguinaires

d'entre nous traversées

les parures s'écaillent

par delà le zeste d'une frise 

ma main contre ta joue

ma pomme d'été .

 

C'est par l'allée 

que sommes arrivés

d'entre les arbres encorbelés

le pied léger

le menton en godille

nous les danseurs de passacaille .

 

( photo de Bernard Lépinay )

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