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   L'Etre humain est une structure englobant un corps, un psychisme et un esprit . C'est aussi un processus existentiel et spirituel par son engagement, dans le temps qui passe, et dans l'espace cosmique qui dépasse et interroge notre entendement .

 

Notre corps est périssable. Le corps-organisme est structure de perceptions au travers de ses organes . Il est corps-organe et pas seulement corps-matériel .

 Il est le premier objet de communication et de relation à l'autre . Il porte l'inscription de tout ce que nous avons vécu au cours de notre histoire dans sa globalité. La physiologie émet des signes et des messages issus des mécanismes existentiels programmés en lui comme dans un ordinateur.

Le psychisme, ou psychologique, caractérise le mouvement des pensées, les idées stéréotypées, un monde intermédiaire dans lequel on ne peut rien bâtir tant le trouble est grand. La confusion psychologique est la base de l'être .

Le tri qui est fait dans le compliqué du mental, ouvert à toutes les influences, est effectué par la conscience . De cette conscience découle plusieurs notions agissantes dans le travail psychologique : l'écoute fine et sensible à ce qui est là, la conception unitaire et globale de l'organisme - on ne peut pas dissocier le corps, de l'affectif et du mental -, la notion du lien entre l'organisme et l'environnement - la conscience est conscience de quelque chose -, la dimension temporelle dans le devenir de l'être humain, l'idée d'un potentiel à découvrir grâce à l'élargissement du champ de conscience .

Le travail psychologique peut ouvrir à la réalisation spirituelle, et s'il ne mène pas au spirituel, il peut néanmoins débloquer, voire écarter, des situations et des comportements qui piègent le psychisme, afin de rendre l'être humain disponible à autre chose par l'élargissement de son espace d'intervention. Le travail psychologique permet l'ajustement créateur à l'environnement .

L'esprit est la fine pointe de l'âme, le sommet de la pyramide qui communique avec le monde supérieur .

Il est repérable au travers de la quête du bonheur qui nous caractérise. Nous allons vers quelque chose, et cet élan, cette énergie que nous avons en nous, nous pousse à la réalisation de nous-même dans l'ouverture à ce qui est changeant, différent, indicible, dans la relation à ce qui nous entoure et principalement à autrui. Nous sommes comme poussés par une faim de complétude qui se révèle être la propension à se découvrir, soi, au plus profond de son être .

C'est alors que nous entrons en résonance, avec un lointain écho qui se rapproche jusqu'à devenir mythe ou mémoire secrète .

La révélation qui en résulte nous convoque à un changement de regard sur ce qui est proche, et c'est en dépassant l'illusion de nos désirs et notre lâcheté à éviter les surprises, que nous nous situons alors dans l'obligation de "contacter"  cette part imprenable de nous-même .

L'esprit nous incite à passer de l' "avoir" à l' "être". Il est ouverture à l'Autre qui vient vers nous, au jamais vu, jamais expérimenté, à la nouveauté créatrice en écartant nos conceptions habituelles qui habitent notre vieille conscience .

 L'esprit se reconnaît à ce qu'il est indestructible, simple, inattaquable . Il est le fil rouge, de l'être au milieu des tribulations de la vie, que rien n'efface car tout concourt à ce qui est.

                                              

L'Etre humain a besoin de ces trois composantes dans l'expérience du vécu pour être convoqué à l'expérience d'une vie de conscience, de liberté et de responsabilité. Il se doit d'être l'accompagnant du profond de lui-même et d'autrui, par la pratique, dans ses actions menées à l'extérieur, de la transparence, de l'équité, du beau, du bon et de son exemplarité.

Il a besoin du corps, de l'incarnation de l'Etre, du tangible, de ce qui promeut la concrétisation du chemin existentiel et permet la visibilité d'un but vers lequel tout semble converger. La conscience du corps est le garde-fou, qui au travers de certaines expériences spirituelles, permet de retomber les pieds sur terre. Il est aussi le lieu des sensations et visions inouïes .

Le corps résiste à sa disparition programmée - l'instinct de survie -, et par cela cherche à se reproduire et à perpétuer l'espèce .

C'est la référence à notre propre corps qui crée autrui et lui donne sens. C'est au travers de notre vulnérabilité que nous pouvons "toucher" l'autre, le rendre à lui-même, et par là, nous fonder nous-même .

Le psychisme est essentiellement le monde des émotions. Il est aussi le champ de la cognition dont l'extension stimule les recherches en neurosciences. Il nourrit cette volonté de l'Etre à l'autoconservation, à l'individuation et au plein emploi de ses capacités intellectuelles, affectives et intuitives .

La parole est libératrice quand elle s'origine du corps et de l'émotion, quand elle est incarnée. Trouver les mots : un passage obligé, le "parlêtre", l'échelle de Jacob en association  lumineuse à ce qui est et à ce qui nous dépasse .

L'esprit, lui, peut s'enflammer au feu supérieur divin. Pour cela il ne plie pas devant les épreuves mais semble plutôt les rechercher pour les transformer en richesses sur un chemin d'espoir. Il nous lie, en ressemblance, au plus grand que nous sommes. Il est l'étoupe dont on fait le brûlot qui enflammera l'ordre établi lorsque celui-ci, affadi par la complaisance et le manque d'apports extérieurs ne survit que par la "chosification" des fruits de notre monde. Il est le lien inattaquable et immensément clair et lumineux. Il domine toutes les souffrances de l'Etre pour nous inscrire, par un voyage initiatique, vers le grandir de soi, vers davantage d'ouverture à ce qui nous dépasse. Par cette attitude, la perspective ontologique nous entraîne, par le processus de quête intérieure du mystère fondamental, vers plus grand que nous, vers ce qui semble éloigné mais qui paradoxalement est si proche, au plus profond de nous, au coeur de notre être, au coeur de l'Etre .

                                                          

Dans son implication sociale, l'être humain doit avoir un comportement éthique afin d'orienter sa vie selon des principes humanistes - à retravailler sans cesse par l'affirmation d'une posture de connaissance, de sagesse, de lâcher prise, de réflexion tout autant que de méditation -, afin de lui permettre de garder le cap . Ainsi seront dégagées les traces pouvant servir de repères aux générationq futures .

Par la conjonction complexe du corps, du psychologique et de l'esprit, nous nous orienterons alors dans la direction du grandir de l'Etre . Alors nous ferons le saut de la vie . Nous éléverons notre être . Nous serons debout avec notre parole et nos signes , ce qui nous amènera par notre verticalité à libérer ce que nous sommes .

 

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